Brûler ou couper ?

by admin

En ce moment, les populations du Sine Saloum se pose la question plus que jamais suite aux nombreux jours de pluie qui se sont abattus sur le Sénégal. La saison des pluies s’est prolongée jusque début novembre. Les travaux de nettoyage et de préparation des champs ont donc été retardé. La facilité voudrait que les mauvaises herbes soient brûlées… Mais est-ce la meilleure des choses ? Dans le projet financé par la Loterie nationale (Belgique), un volet sensibilisation est prévu et en cours de réalisation. Il faut reconnaître que les mauvaises herbes qui ont poussé durant la saisons des pluies sont sans commune mesure avec les nôtres en Belgique. Ces herbes montent parfois jusqu’à deux voire trois mètres de haut. Et il faut du courage pour les couper ! L’option de brûler ou de couper n’est qu’une question de courage face à l’effort. Les avantages de la coupe sont nettement plus nombreux que l’autre option. Certaines parties de ces herbes servent de couverture pour les toit de chaume, d’autres servent comme nourriture pour le bétail. Les tiges peuvent être coupées à bon hauteur pour former des palissades. Ce qui n’est pas récupéré sert à fabriquer un excellent compost qui sera ensuite déverser dans les jardins des maraîchers. Et pourtant il arrive que l’option de l’incendie soit privilégié avec pour conséquence le développement d’un front de feu détruisant tout sur son passage, les arbres fruitiers, des essences rares, le biotope local sans compter la pollution de l’air et l’augmentation du CO2… La coupe des mauvaises herbes, dans l’école de Soucouta, c’est la coupe qui est évidemment privilégiée. Et il est formidable d’entendre un fils dire à son père ou sa mère qu’il est plus important de prendre le temps de couper que de brûler. Ce sont les enfants de l’école qui sensibilisent les autres enfants mais aussi les parents. Et l’on a pas encore vu à Soucouta de vastes étendues de savanes brûlées tout d’un coup. Est-ce la sensibilisation qui est efficace ? Est-ce parce que l’on se trouve dans une réserve naturelle ? Géry de Broqueville Réflexion No Comments »